mercredi 30 août 2017

PAS VU PASSER L'ÉTÉ

Non mais l'avez-vous vu passer vous? Pas moi. Non. Pas vu passer l'été 2017. D'ailleurs, mon dernier billet remonte au 15 juin dernier, ça va faire bientôt 2 mois et demi, vous allez commencer à penser que je vais encore fermer mon blogue. Eh bien, non, pas encore! 

Alors j'ai préparé un petit survol en photos de mon été, celui de mes 60 ans bien sonnés qui ont été plus que célébrés par mes familles et amis. Je n'en demandais pas tant, croyez-moi, je voulais plutôt que ce changement de décennie reste discret, je ne voulais déranger personne. Je n'aurais jamais dû dire ça, il m'a semblé que je les avais tous motivés à en faire plus que d'habitude. 

Et puis, c'était prévu et organisé depuis longtemps, après ma fête, vers la fin juillet, je suis allée aux Îles de la Madeleine, en très agréable compagnie. Au mois d'août, j'ai amené ma mère voir mon petit frère, à Berthier-sur-Mer, ça rime en crime! Donc, j'ai côtoyé le fleuve, l'estuaire et le golfe St-Laurent à plusieurs reprises ces derniers mois. 

Mais revenons au début de cet été trop vite passé... 


À notre camp à Rapide Deux, après la pluie, quand le ciel se reflète dans la rivière... des Outaouais.


Au camp, avec notre fille, Isabelle, son mari, Dominic, et nos petites-filles, Félixe et Blanche, la moindre activité est source de plaisir. On s'habille en mou, on prend le temps de vivre et s'il n'y a pas assez de dorés pour s'en faire un repas, on s'en fait une collation... sur le feu. 


Toujours au camp, Félixe et moi, on s'amusait à prendre toutes sortes de photos et je suis étonnée qu'en juin, les arbres feuillus, au coucher du soleil, peuvent arborer des couleurs flamboyantes d'automne. 


« Moi aussi, je veux y aller avec Papi et Blanchou en VTT. Tiens, Mamie, prends mon appareil photo! » 


Ça, c'est au début de juillet. La pêche avait été bonne. Avec Luc et Céline, on s'était fait tout un snack de dorés. Crocodile Dundee ne pouvait pas attendre plus longtemps avant d'y goûter. 


Luc et Céline sont quand même plus raisonnables, ils ne pigent pas dans les plats avant qu'on se mette à table!



Que c'est délicieux, du bon doré frais pêché. Un vrai régal. Avec une grosse salade et un verre de vin... Il n'y a pas eu de surplus, on a tout mangé tout en préparant notre voyage aux Îles. On y sera tous les quatre à la fin du mois, du 23 au 30 juillet.  


Aux Îles de la Madeleine, plus précisément à la pointe du Sandy Hook, cet endroit appelé « Le bout du banc » et qui m'a toujours fait rêver depuis mon premier voyage aux Îles, à l'été 1972. Comment vous expliquer? Je réalisais un rêve, je touchais à l'infini, je me sentais liée à mon histoire, mes racines, mes algues, mes ancêtres et à ce que je suis devenue, à tout ce que j'ai reçu, donné et transmis, en harmonie avec la vie et la mort, peu importe quand elle surviendra. J'aurais pu mourir là et j'aurais été en paix, là où le ciel, les courants marins, la mer, les dunes de sable ne font plus qu'un. J'étais émue en tout cas sans que je puisse m'expliquer pourquoi je vivais ça de même. Des fois, faut juste se laisser atteindre par une émotion sans chercher à comprendre ou à analyser. 


Toujours aux Îles, en compagnie de mon petit phare préféré, celui du Cap Alright, à la Pointe Basse, à Havre-aux-Maisons. Maintenant, les gens l'appellent aussi « le p'tit phare à Julie » puisque Julie Snyder, à son émission de radio hebdomadaire du dimanche soir, Le 5 à 7 aux Îles, avait une chronique où elle interviewait des personnalités qu'elle invitait à l'intérieur de son phare, dans ce segment d'émission qui s'intitulait : « Le phare intérieur ». 


Là, je suis dans l'avion, on quitte les Îles de la Madeleine et je vois s'éloigner la Dune-du-Nord, la Baie d'En dedans, le village de Havre-aux-Maisons, Cap-aux-Meules, l'archipel qui s'évanouit dans mon champ de vision mais jamais dans mon cœur. Je me concentre sur le hublot et mon appareil photo, je mitraille à qui mieux mieux, ça m'évite de pleurer... C'est toujours difficile pour moi de quitter « ce petit coin de terre perdu là-bas aux grandes eaux ». On dirait que je ressens et je revis toute la peine que mes grands-parents et mes parents ont été obligés de taire et d'étouffer lorsqu'ils ont dû quitter un jour leurs chères Îles sans espoir de retour.  


Après ce voyage, on était déjà au mois d'août. Les framboises sont trop mûres mais les bleuets sont prêts, on s'en ramasse pour un bon dessert sans cuisson. C'est Félixe qui a fouetté la crème « à la main » étant donné qu'on n'a pas d'électricité au campe. C'était facile comme tout, elle l'a fait toute seule. On n'avait pas de vanille non plus mais un ou deux sachets de sucre et c'était suffisant. « À force de manquer de toutttttt on manque de rien » qu'il dit tout le temps, Papi. 


Avec ma mère et mon petit frère, à Berthier-sur-Mer. Il voulait qu'on se fasse poser avec le magnifique petit poirier qu'il a planté dans sa cour (c'est le nom de famille de ma mère et de trois sur quatre de nos grands-parents!... des Poirier). 



Ça, c'est en plein orage, au campe. On était sur la galerie (couverte) en train d'étirer la tasse de thé, un soir. Le tonnerre grondait fort, des éclairs retentissaient et déchiraient le ciel. Beau spectacle! Une pluie diluvienne et chaude venait brouiller la rivière et l'on s'apprêtait à rentrer lorsque... cette femelle orignal... nous est apparue, toute calme et relaxe, en train de manger des plantes aquatiques au bord de la rivière comme si de rien n'était. En tout cas, elle, on a pu l'observer et la photographier à loisir pendant un bon 12 minutes de temps et je peux vous l'assurer, l'orage, ça ne lui a pas du tout coupé l'appétit.


Celui-là, c'est un beau mâle qui nous est apparu à la même place et en plein soleil, dimanche dernier, juste avant dîner. Monsieur l'orignal était venu déguster à son tour des plantes aquatiques. On a pu le filmer, le poser, l'observer lui aussi pendant de longues minutes. 

jeudi 15 juin 2017

VERS LA SOIXANTAINE

Oh il y avait plus d'un an que je harcelais littéralement mes proches. En fait, depuis que Crocodile Dundee était entré, l'année dernière, dans le Club des sexagénaires, je répétais à qui voulait bien m'entendre : « Je vous en prie, soyez discrets avec ma fête, ne dérangez personne, les gens ont tellement à faire les fins de semaine d'été et puis je ne suis pas à l'aise sous les projecteurs, vous le savez... » 

J'aurai 60 ans le 7 juillet prochain. C'est pourquoi j'ai pris de l'avance en cessant de fumer le 15 mars dernier. J'ai tenu la promesse que je m'étais faite à moi-même d'être devenue non fumeuse quand j'aurais 60 ans. J'en suis d'ailleurs au 92e jour de liberté. 

L'année dernière, pour Crocodile Dundee qui n'aime pas plus que moi être le centre d'attention, on avait pensé à quelque chose de simple, chaleureux et rassembleur : demander aux gens qui l'aiment de faire parvenir à Isabelle et Dominic (pour le montage) un petit bout de vidéo lui souhaitant bon anniversaire, rappelant un beau souvenir, racontant une anecdote, lui adressant des voeux, lui déclarant leur amour, leur affection, leur attachement, leur amitié, tout était permis, le but était de faire plaisir à ce gars-là qu'on aime tant pour son 60e anniversaire de naissance. Ils ont participé en grand nombre, les soeurs, beaux-frères, belles-soeurs, neveux et nièces, amis et amies, anciens compagnons de travail, d'expéditions de canot, de chasse et de pêche, et bien entendu, sa petite famille tricotée serré, Isa, Dom, Félixe, Blanche et moi,  C'était magnifique. Un document vidéo unique!

Le jour de son anniversaire, en compagnie de quelques proches, lors d'un souper, on lui a présenté ça. On pleurait tous! De joie, de bonheur, de reconnaissance, d'amour, de gratitude, d'émotions toutes mêlées, de le voir si heureux et si touché, probablement aussi. 

Vous me voyez venir?

Comment ils allaient faire cette année pour moi? Je ne voulais pas faire de vagues et eux, ne voulaient pas répéter ce qui avait déjà été fait l'an passé. J'avais la même volonté qu'on ne fasse pas trop de vagues pour mes 60 ans un peu comme ça s'était passé pour Crocodile Dundee.

Isabelle m'avait dit : « Fais-moi confiance, Maman, je ne te ferai pas plus de gros party pour toi que j'en ai fait pour Papa, je vous connais comme si je vous avais tricotés! »

Alors, c'est le 7 juin dernier que j'ai eu la surprise, un mois à l'avance, lors du grand dévoilement de ce qu'elle avait concocté pour mon 60e anniversaire, en complicité avec son père (et probablement d'autres personnes aussi) moi, j'ai appelé ça mon pigeonnier de fête. C'est un peu comme un calendrier de l'avent sauf qu'il n'y a pas de chocolat derrière les petites portes. Le voici : 


Ce meuble est fait en bois, peint en blanc, il a plusieurs carreaux, en fait un par jour, du 7 juin jusqu'au 7 juillet. Chaque casier a son petit rideau qui en cache et en protège le contenu, avec la date dessus. Ce soir-là, le 7 juin, ils m'ont dévoilé la surprise. On était chez Isabelle et Dominic où l'on nous avait invités à prendre l'apéro. Après avoir vu « la patente » j'en ai « braillé une shot » et j'ai ri autant que j'ai braillé parce qu'on m'a rappelé quelque chose... 

Au début du mois de mai, je suis arrivée sans prévenir dans le garage où Crocodile Dundee était affairé depuis un bon moment. Lui, il avait l'air mal à l'aise de me voir arriver, il me pensait partie qu'il a dit. Quand j'ai vu l'ébauche de ce meuble gisant par terre, je me suis exclamée : « Pourquoi tu fais ça, c'est rare que tu fais des meubles maintenant? » un peu mal à l'aise, pris au dépourvu il avait improvisé quelque chose : « C'est pour classer mes vis » et je lui avais répondu : « Elles vont être bien logées, tes vis! » 

Ce soir-là du 7 juin dernier, entre les rires et les larmes (de joie) j'ai reçu mon pigeonnier de fête. 



J'ai tout de suite eu le privilège de lire mes 2 premiers messages, ceux qui étaient cachés derrière la petite porte du 7 juin. 



Depuis, chaque matin, je me dépêche de déguster mes deux mini toasts et je cours ouvrir le petit rideau de la petite porte du jour. Les premières lettres/cartes/surprises/délicatesses, je les pleurais toutes en les lisant, tellement j'étais émue. Maintenant, je ne pleure plus en prenant mon café du matin. Au pire j'ai les yeux mouillés un peu. Derrière chaque rideau, j'ai un message, parfois deux, parfois trois et chacun d'entre eux me va droit au coeur. S'il y a un sac suspendu à gauche du meuble, c'est qu'il y a quelque chose dedans que j'ignore encore, je le saurai à mesure, il paraît que tout n'entrait pas dans les casiers. Le plus gros casier en haut complètement, c'est celui du 7 juillet mais il paraît que j'aurai encore beaucoup de surprises d'ici ma fête! 

Je vous dis seulement ce que je sais, ce qu'on m'a dit et ce que je devine. Et c'est bien assez pour me rendre heureuse, croyez-moi! J'ignore, par exemple, comment ma fille a fait pour rejoindre des gens que j'aime et qu'elle ne connaît pas mais depuis quelques temps, je remarque sur Facebook qu'on a beaucoup plus d'amis en commun qu'avant. L'une des confidences qu'elle m'a faites et qui m'a fait chaud au coeur, c'est qu'on a lancé l'invitation cet hiver à des personnes et qu'on n'a pas du tout été obligés de faire des rappels ensuite ou d'insister,  au contraire, Isabelle ne voulait absolument pas forcer les gens mais elle trouvait dans sa boîte aux lettres, sa boîte de courriels, à sa porte et sur son répondeur des réponses qui venaient de partout, plus qu'elle s'y attendait. Elle m'a juste dit ça.

Je sais aussi qu'on célébrera les 3 ans de Blanche le 1er juillet, je lui ferai son gâteau d'anniversaire. Même si nous sommes nées toutes les deux le même jour, à 57 ans de différence, il est bon qu'elle ait sa propre fête à elle toute seule, je trouve. Ses parents sont très d'accord avec moi. 

Et pour mes 60 ans, je suis invitée à souper chez nos enfants le 8 juillet où il y aura ma petite famille, peut-être une ou deux personnes très proches mais pas plus.  Il y a aussi mes Zamis du jeudi qui m'invitent chez l'une d'entre nous, au bord de son lac, le 13 juillet. Mais surtout chaque jour, je reçois une vague d'amour qui me fait dire que c'est tellement plaisant d'avoir 60 ans... 

D'avoir pensé à ça, faut-il qu'on me connaisse mieux que je me connais moi-même et qu'on m'aime quand même!!!

mercredi 31 mai 2017

DE NATURE ET DE CULTURE


DE NATURE ET DE CULTURE

Commençons par la culture, c'est dans ma nature!

J'en ai parlé souvent ici, de nos sorties de filles à la bibliothèque municipale, avec Félixe, qui a maintenant 8 ans.



J'avais commencé à l'amener avec moi chaque semaine lorsqu'elle n'avait que 3 ans. J'allais la chercher à sa garderie vers 15 heures, elle m'accueillait toujours avec un enthousiasme débordant, en se lançant dans mes bras et s'écriant : « Mamiiiiiiiiiiiiie! » 

On se rendait là en voiture en discutant de tout et de rien jusqu'au moment d'entrer à l'intérieur de ce lieu si calme et bien éclairé, où l'on chuchote. On montait en haut à l'étage des enfants en ralentissant le pas pour bien entendre couler le ruisseau (une sculpture fontaine qui imite à la perfection le doux murmure d'un ruisseau qui zigzague entre des roches) et pendant que je nous installais à une petite table, que je sortais de mon sac sa collation, je la laissais choisir tous les livres qu'elle aimait et je lui racontais toutes les histoires qu'elle voulait. 

Je suis toujours émerveillée de constater que 5 ans plus tard, lorsque je vais la chercher à l'école à la fin de la journée pour notre sortie à la bibliothèque, nos retrouvailles sont toujours aussi enthousiastes et enjouées qu'avant, que l'engouement est toujours là, aussi fort pour nous deux. Au moment de partir après 90 minutes de lecture où c'est encore elle qui choisit et moi qui lis même si elle est bien capable de lire par elle-même,  j'ai le bonheur de l'entendre me supplier : « Encore juste un p'tit dernier, Mamie, s'il-te-plaît? » 

Le seul petit bémol est maintenant pour moi que je doive expliquer chaque semaine à Blanche (qui va avoir 3 ans le 7 juillet) qu'elle est encore trop petite pour venir à la bibliothèque avec Mamie mais que lorsque sa fête sera arrivée, à l'été, elle pourra vivre elle aussi ces petites sorties qu'on aime tant. Blanche a très hâte d'avoir 3 ans, elle me l'exprime à sa façon. Elle m'attendrit et me fait fondre comme de la guimauve quand elle dit : « Là, c'est pas mon tour mais quand je vais avoir 3 ans, ça va être mon tour avec Mamie ». J'ai aussi hâte qu'elle.

Eh bien, je vous l'annonce avec joie : cette grande première avec Blanche a eu lieu dernièrement et j'ai eu l'impression de revivre pour la deuxième fois le même bonheur qu'il y a 5 ans avec sa grande soeur. Le même accueil délirant à la garderie, les mêmes discussions toutes intimes (!) dans la voiture, le même émerveillement à écouter le « ruisseau » en montant les marches, le même plaisir à découvrir la collation surprise de la semaine, la même soif d'entendre des histoires lues par Mamie, de tourner les pages, de voir les illustrations et de supplier après le temps qui passe trop vite pour un p'tit dernier s'il-te-plaît, Mamiiiiiiieeeeeee? 


La collation surprise de la semaine? Une barre tendre à la pomme!


Même après 8-10-12 histoires, on en veut toujours une autre de plus.

DE NATURE 

En fin de semaine dernière, on nous annonçait de la pluie mais rien n'allait nous empêcher de nous retrouver tous ensemble à Rapide Deux pour passer du bon temps, peut-être pêcher aussi si on en avait la chance. 

Crocodile Dundee, Dominic et Félixe avaient pu quitter la ville, quant à eux, en fin de journée vendredi  mais pour Isabelle, Blanche et moi, c'était impossible de partir en même temps qu'eux alors on allait les rejoindre samedi matin. On avait rendez-vous sur le quai de la marina à 11 heures où le capitaine du bateau nous attendait!


Blanche n'a pas encore beaucoup d'intérêt pour la pêche mais elle aime bien entendre Papi raconter.


Après une heure à pêcher, la pluie s'est mise à tomber, diluvienne. Il a fallu revenir au campe avant d'être trop mouillés.


Mais un brochet avait mordu à l'hameçon...


C'est qui la chanceuse qui a pêché le seul brochet de la fin de semaine? C'est Félixe!


Papi a sorti tout son attirail pour faire cuire sur le feu la collation de la soirée : du poisson frais pêché. 


Tout en dégustant le poisson, on admirait le coucher de soleil sur la rivière. On aurait dit un paysage d'automne tellement le soleil couchant jaunissait les conifères. 


J'aime beaucoup cette photo même si elle ne donne qu'une petite idée de la lumière qui nous inondait littéralement en cette fin de journée.  


Le lendemain matin, le soleil était un petit peu au rendez-vous mais on le trouvait timide. Remarquez que Blanche prend toujours bien soin de « son bébé ». 


J'aime beaucoup cette photo-là également. La lumière est toujours difficile à rendre pour moi sur une photo. Et l'immensité du ciel aussi. Quand ce ciel chargé de pluie se reflète dans la rivière (des Outaouais) qui coule jusqu'au fleuve tout le long de ses 1192 km, je me sens si petite dans ce pays immense. Je me dis que Mère Nature nous prend sous son aile et qu'il nous suffit d'ouvrir les yeux et les zoreilles pour ressentir qu'on fait partie de tout cela.

mercredi 3 mai 2017

ON SE NÉGLIGE!

Je vous dis qu'on ne se donne pas souvent de nouvelles, vous et moi, de ce temps-là... Je dirais même qu'on se néglige! C'est vous qui êtes trop occupés? Ou bien c'est moi? Toutes ces réponses sont bonnes. Et pourtant je pense à vous souvent. Combien de fois me dis-je que j'aimerais vous entendre et/ou vous partager mon point de vue sur tel ou tel sujet. Et puis la vie qui va si vite prend le dessus sur nos envies et nos coups de coeur, on se dit que demain, par exemple, là c'est sûr, on s'écrit ou on s'appelle ou mieux encore, on se voit quand c'est possible, et on met ça en priorité. Et c'est là où j'en suis, je m'ennuyais de vous écrire!


C'était au début du mois de mai, en 1978, il y a 39 ans. Je me souviens très bien du contexte. C'est la seule photo où je suis posée avec une cigarette, moi qui ai été fumeuse pendant si longtemps. J'avais 20 ans, j'allais me marier quelques semaines plus tard. Là où je travaillais, chez un courtier en assurances générales, je rencontrais beaucoup de clients, dont celui qui a pris cette photo en noir et blanc. Il avait à peu près mon âge. Il voulait assurer ses appareils photo sophistiqués et il avait pris cette photo de moi qu'il m'avait rapportée après l'avoir développée chez lui dans sa chambre noire, lorsqu'il était revenu signer son contrat d'assurance et payer sa prime. Il était tellement content de la prime abordable que j'avais réussi à lui dénicher et de l'excellent service à la clientèle qu'il avait obtenu qu'il m'avait promis qu'il serait là le 20 mai suivant à l'heure dite pour prendre une photo de mon mariage quand on allait sortir sur le perron de l'église après la cérémonie. Et il avait tenu promesse, il était là, malgré la pluie et quelques brins de neige. Sa photo n'était pas fameuse à cause de la pluie qui se changeait en neige mais il était venu me la porter à mon bureau quelques semaines plus tard. 

Tout ça pour vous dire que ça fera 39 ans bientôt que nous sommes mariés, Crocodile Dundee et moi, que je suis non fumeuse pour la 49e journée aujourd'hui et je me demande encore jusqu'à quand je vais compter les jours parce que je suis convaincue que je ne fumerai plus jamais. Peut-être qu'après 100 jours, j'arrêterai de compter mais pour le moment, j'écris encore mon journal de non fumeuse et je compte les jours, l'argent que j'économise en ne fumant plus et les bienfaits que je commence à ressentir. 


Je vous avais tu dit qu'on allait « faire les sucres » chez les beaux-frères et belles-soeurs des Laurentides à la fin du mois de mars et au début avril? On s'adonnait à y être le jour où Crocodile Dundee célébrait son anniversaire. Il a donc reçu beaucoup de bisous sucrés pour sa fête cette année avec tout le monde qu'il y avait là, à tour de rôle, pendant la saison qui fut moins productive en 2017 qu'elle l'avait été en 2016. Beaucoup de travail mais beaucoup de plaisir aussi. 


C'était au souper d'érable chez nos amis Jess et Micheline, le 15 avril dernier, dans le joli petit village de Montbrun (près de Rouyn-Noranda). Comme tous ceux qui y étaient invités, on s'était présentés là en début d'après-midi et selon la consigne reçue, on avait apporté chacun une conserve de sirop d'érable, Miche s'occupait du souper et il n'était pas question qu'on apporte quelque chose, elle prenait tout sur ses épaules comme chaque année la veille de Pâques, c'était son plus cher désir de nous recevoir chez eux et à leur table. On avait suivi la consigne... 

Laissez-moi vous raconter le merveilleux choc des cultures qu'on a vécu là, Crocodile Dundee et moi. 

D'abord, cette grande famille est celle de Jess, Miche est sa conjointe depuis plus de 40 ans. Il s'agit de la famille Létourneau. On en connaît plusieurs de cette grande famille qui a grandi dans ce village. On les côtoie particulièrement à Rapide Deux, en toutes saisons, parce qu'ils ont un grand camp familial où ils se rassemblent parfois et ils passent par chez nous pour y aller, surtout l'hiver. On a vécu plein de choses ensemble au cours des années et c'est probablement pour cela qu'ils disaient qu'on faisait partie de la famille et qu'ils nous invitaient à leur fête « des sucres » du 15 avril. 

Dans un rang du village, juste en face de la rivière Kinojévis, se trouve la petite maison de Jess et Miche, avec son immense garage, ses champs, sa terre et ses espaces pour accueillir tout un chacun et au moment où notre voiture entre dans la cour, on est accueillis par tout le monde comme si on faisait vraiment partie de cette famille très aimante. 

La grande porte de l'immense garage est ouverte et le restera tout au long de l'après-midi. On doit être une trentaine de personnes là. Il y a des chaises, des tables avec des grignotines dessus où je dépose celles que je n'ai pas pu faire autrement que d'apporter, un grand réchaud qui sert habituellement pour les épluchettes de blé d'Inde et du monde heureux qui se fait des bisous, des câlins, qui prennent des nouvelles des uns et des autres. On se croirait dans un autre pays, une autre culture. Tout est beau, simple, chaleureux, rigolo, accueillant... Tout à coup, je réalise que personne n'a de machin-truc greffé à la main et je fais le commentaire à quelqu'un que c'est donc agréable quand les gens se parlent. C'est Yvan et Myriam qui s'empressent de me répondre que « le WI-FI pogne pas quand on est dehors » parce qu'on est en campagne. 

Avec l'aide des gars, Miche allume le réchaud et commence à réchauffer doucement le sirop d'érable jusqu'à ce qu'il atteigne la température voulue pour en faire de la tire d'érable qu'elle étendra plus tard sur la neige toute propre qu'elle a conservée dans des bacs en bois réutilisables chaque année expressément pour « sa tire » sur la neige. Quel délice! C'est en humour et en gourmandises que l'après-midi s'écoulera dans une ambiance familiale et amicale où l'on ne s'aperçoit presque pas qu'il fait gris et qu'on doit se réchauffer auprès du grand feu qu'ils ont allumé dehors entre la maison et le garage. 

Vers 17 heures, Micheline disparaît vers la maison et on continue à festoyer et à rire, à échanger des nouvelles, des anecdotes et des histoires. Tout à coup, elle nous appelle à aller la rejoindre, la table est mise, elle nous attend autour de sa table. Mais on est une vingtaine maintenant!

On entre dans la maison qu'ils connaissent tous très bien mais pas nous. Avec une discipline plusieurs fois répétée au fil des années, ils savent tous où l'on met les chaussures, où l'on accroche les manteaux et dans quel ordre on passe par la salle de bain pour se laver les mains avant de se présenter à table. C'est tout petit, on est serrés, collés-collés, on est 17 autour de la table, on y est tous, sauf Micheline qui veut rester debout pour circuler parmi nous, elle mangera plus tard qu'elle dit. Les ados et les enfants sont à une table à eux, collée sur la nôtre mais eux débordent du côté du salon. Ils prennent part à notre conversation, on fait partie de la même tablée dans le fond. 

Et la table est remplie de victuailles à l'ancienne : Un gros jambon à l'érable, des oeufs farcis, une dinde avec sa sauce qu'ils appellent « la grosse dindoune », des fèves au lard au sirop d'érable, des pommes de terre en purée, deux sortes de salade de chou, la crémeuse et la traditionnelle qu'ils nomment ainsi pour imiter une rôtisserie bien connue au Québec, du pain de ménage avec du beurre, des marinades maison et quoi encore... Et je ne vous parle même pas des desserts. Miche a cuisiné tout ça la veille, la nuit précédente et le jour même, dans sa mijoteuse, ses rôtissoires et ses marmites. On se croirait dans nos anciens soupers de famille chez nos grands-parents quand chacun de nous, étant enfants, avions notre marche d'escalier et que nos parents faisaient plus d'une tablée. Le plaisir qu'on a eu et le bonheur qu'on a ressenti chez les Létourneau en cette veille de Pâques, ce n'est pas facile à raconter. Mais je me réjouis du fait que tout cela existe encore!

Je lisais ce matin sur un site populaire un article qui était titré ainsi : « 20 choses qui disparaîtront d'ici 50 ans » et c'est là que j'ai pensé à vous, à mon blogue complètement dépassé mais qui n'est pas mort, au service à la clientèle qui existait jadis et dont je m'ennuie, aux promesses tenues d'autrefois, aux fêtes de famille qui existent encore dans les villages où « le WI-FI pogne pas dehors » et à tout ce que je regrette déjà du temps d'avant la technologie qui nous bouffe tout le meilleur de nous. Si aujourd'hui, c'est dépassé de parler de cassettes VHS, de walkman, de fax et de disquette, d'ici très peu de temps, on parlera aussi au passé des choses suivantes : 

- téléphones publics
- clés USB (seront remplacées par l'infonuagique, déjà les CD, DVD et même Blue Ray sont remplacés par les vidéos sur demande). 
- appareils photos (remplacés par les téléphones intelligents de plus en plus performants). 
- l'argent physique (monnaies, chèques, cartes débit et crédit) sera remplacé par la radio-identification et la détection d'empreintes. 
- lunettes (seront remplacées par les chirurgies au laser de moins en moins invasives).
- les sacs jetables (législation oblige et c'est tant mieux)
- les moteurs à essence (et ce sera aussi la fin des stations-services telles qu'on les connaît). 
- les clés (remplacées par des verrous informatisés, les serrures numériques sont déjà dépassées). 
- les foyers au bois (émettent des microparticules polluantes et le bois se fera plus rare) 
- les journaux (papier) 
- les timbres (remplacés par les courriels et même s'il y aura plus de colis parce que plus d'achats en ligne, ce seront les entreprises de transport de courrier qui remplaceront les bureaux de postes) 
- la télévision (plusieurs se désabonnent du câble au profit de Netflix, tou.tv, club Illico, etc. 
- le téléphone filaire
- l'oreillette Bluetooth
- les cartes d'affaires/cartes de visite
- l'ampoule incandescente (énergivore, ultra toxique lorsqu'il faut en disposer, le DEL remplace déjà)
- les voitures manuelles (seront remplacées par des voitures électriques et autonomes)
- le sucre (mauvais pour la santé), on aime pourtant la douceur des aliments sucrés alors des recherches se font dans les laboratoires pour en trouver des sources meilleures pour la santé et c'est là que je boucle la boucle avec le sirop d'érable!

jeudi 16 mars 2017

CE CADEAU QUE JE ME FAIS

Vous voyez cette photo de moi prise l'été dernier? C'est ma mère qui l'a prise avec mon appareil photo parce que je venais tout juste d'en prendre une d'elle au même endroit qui nous rappelle les années où ma famille avait un chalet dans ce coin-là, en Abitibi-Ouest, plus particulièrement au lac Hébécourt. Ce petit sentier dans le village de Rapide-Danseur mène justement au... rapide danseur dont les eaux vives et la musique m'enchantent depuis longtemps. 


Qu'est-ce qui cloche dans cette photo? Ben des affaires! Mais je vous donne un indice : qu'est-ce que j'ai dans ma main droite? Eh bien, je vous le dis, il n'y en aura plus des photos qui clochent comme celle-ci et c'est grâce à 

CE CADEAU QUE JE ME FAIS

Il y avait longtemps que je me préparais psychologiquement. J'avais toujours dit qu'à 60 ans, je serais non fumeuse et que j'allais cesser avant pour ne pas être en désintox la veille de mon anniversaire ou pire, le jour même. J'aurai 60 ans le 7 juillet prochain. Ça s'écrit ainsi 07/07/17, n'est-ce pas une belle combinaison de chiffres? Cette abondance de 7 me portera chance, je le sens, je le sais!

Je n'avais dit à personne ma date choisie pour entreprendre cette vie nouvelle qui mène à ma libération : le 15 mars 2017. Sans raison précise ou plutôt, oui, pour une foule de bonnes raisons. Dimanche soir, en faisant la vaisselle avec ma fille Isabelle, je lui ai confié mon secret. Une fois rentrée à la maison, je ne me sentais pas bien de l'avoir dit à elle et pas à son père, Crocodile Dundee, avec qui pourtant je partage tout. Donc, depuis dimanche soir, il y avait deux personnes au courant et qui m'encourageaient tout en sachant que c'était là pour moi un défi très important. Ils me font confiance... 

Mercredi matin, au jour J, en me levant, je me sens d'attaque et j'appose sur mon bras le premier timbre Nicoderm d'une série de 28 que je me suis fait prescrire pour les quatre premières semaines, sans aucune difficulté, chez mon pharmacien. Cette béquille temporaire m'aide à mieux supporter les symptômes très désagréables de sevrage que je connais trop bien pour les avoir subis à quelques reprises, chaque fois que j'ai cessé de fumer.  C'est d'ailleurs parce que j'avais peur de revivre ce sevrage que je retardais depuis trop longtemps le début de ma libération. 

Quelques minutes plus tard, toujours hier matin, le téléphone sonne : « Allo Maman, ici la présidente de ton fan club, comment ça se passe pour toi ce matin? ». À travers nos rires, on échange quelques phrases, elle me donne des trucs et astuces auxquels elle a pensé, entre autre elle me suggère d'écrire mon journal de cessation tabagique puisque je règle toujours tout par écrit, me dit-elle. Elle a raison, ça m'éclaircit les idées quand j'écris et dans les moments difficiles, je pourrai relire mes motivations profondes en plus que dans pas longtemps, quand je regarderai en arrière, je verrai le chemin parcouru, le progrès réalisé, le manque qui s'estompe dans l'intensité, dans le nombre ou dans le temps, etc. 

C'est fou, je n'y avais pas pensé, c'est elle qui me l'a suggéré et ce fut une vraie révélation! Elle me connaît bien, ma poulette, mieux que je me connais moi-même...

* * * * *

Alors, puisque nous sommes ici entre nous, sur mon petit blogue chéri si peu mais si bien fréquenté, je vous partage quelques extraits de mon journal de cessation tabagique. Pour vous dire combien je manque de concentration, j'ai écrit la date sur la première page hier matin : Le 15 mars 2015!!! 

« ... je me fais un cadeau, je me donne la santé, la liberté : je me défais de mes chaines, celles qui me lient depuis trop longtemps à ma dépendance à la cigarette. » 

« J'ai mille raisons de cesser de fumer, elles sont toutes excellentes, motivantes et pertinentes. J'aurai plaisir prochainement à les évoquer dans ce cahier, cela me soutiendra dans les moments difficiles. Pour m'aider aussi dans mon gros projet libérateur, j'ai tous ceux qui m'aiment et m'encouragent : Je carbure à ça, moi, l'amour!!! » 

« Ce matin, je me sens solide et fragile en même temps... M'en vais à la piscine là... » 

« Le 16 mars 2017. Deuxième journée sans fumée. Déjà, je savoure la réussite d'une première journée, celle qui me faisait si peur. Ouf, elle est derrière moi, celle-là! Ma nuit a été très agitée et je n'ai pas beaucoup dormi. Je pense que ce soir, je vais enlever mon timbre de nicotine avant d'aller au dodo. Je vais essayer ça... »

« Ma motivation est très grande ce matin. Je me sens forte de mes succès précédents : d'avoir réussi dans le passé à cesser de fumer pendant un an. Je suis fière de moi d'aller nager trois fois par semaine depuis que j'ai 55 ans. J'ai réussi également, à partir de septembre 2015, à complètement repenser mon alimentation pour atteindre mon poids santé, cinq mois plus tard et trente-trois livres en moins. Le plus difficile a été de maintenir ce poids santé et depuis les fêtes, j'ai 9 livres en plus, je travaille là-dessus, je sais quoi faire et j'y arriverai. Il est hors de question de compenser dans la nourriture. » 

« Mes principales motivations (ce que je gagne) : 

1- Une sensation de liberté générale. Respirer à fond et sentir à nouveau la grande capacité pulmonaire que j'avais quand j'étais enfant, que je nageais sous l'eau 2 fois toute la longueur de la piscine olympique à Matagami. Liberté aussi de ne plus ressentir le manque lorsque je suis quelques heures sans pouvoir aller dehors pour fumer.

2- J'ai honte rien qu'à penser que mes petites-filles commencent à réaliser que Mamie est une fumeuse. Dans le cas de Félixe, je crois qu'elle s'en doute et pour Blanche qui comprend tout très vite, je commence à craindre qu'elle me voit faire quand je sors dehors et que je me cache de son beau regard bleu... Mamie, elle aime lire et raconter des histoires, colorier, découper, dessiner, jouer dehors, bricoler, faire des bons soupers avec des desserts santé toujours originaux et amusants, tricoter, réparer des petites choses, faire des bisous et des câlins.  MAMIE NE FUME PAS!

3- Je n'aurai plus peur d'avoir une haleine de cigarette quand on m'approche pour un bisou ou un câlin. Malgré les bonbons à la menthe, la gomme, les pastilles, combien de fois me suis-je empêchée d'aller vers les autres à cause de cette crainte-là? 

4- Je n'aurai plus à traîner de cigarettes, de briquet, de prévoir d'aller au dépanneur avant que ça ferme parce que je veux être certaine de ne pas manquer de cigarettes demain matin. 

5- Je vais épargner au moins 125 $ par mois. C'est fou comme on le trouve toujours, cet argent-là quand on est fumeur... Si l'argent n'est jamais une source de motivation suffisante pour moi, je suis pourtant loin d'être indépendante de fortune, bien au contraire, mais avec 125 $ mensuellement, moi qui n'ai aucun fonds de pension (j'ai presque toujours été soit travailleuse autonome soit contractuelle) je me sentirai peut-être à l'aise de me payer une petite folie de temps en temps. Parce que je le mérite bien, comme dit la publicité! » 

Mise à jour à l'heure du souper :

En allant reconduire Félixe chez elle après notre sortie à la bibliothèque municipale, ma marraine d'arrêtage de fumage, Isabelle, m'avait préparé toute une surprise.


Ce joli coffret qu'elle a bricolé elle-même cet après-midi, « La boîte aux petites douceurs ». À l'intérieur, il y a :


Du côté gauche, des petites bandes de papier où je pourrai inscrire mes « petits plaisir à formuler » et du côté droit, bien pliés, des petites bandes de papier où elle a inscrit, me connaissant, des petits plaisirs variés. J'ai le droit d'en piger une quand j'ai besoin d'un réconfort ou d'une récompense. Ce soir, j'ai pigé : « Aller voir tes cousines à La Sarre et aller à ton magasin boutique que tu aimes. Te rendre aussi au Rouge Café, c'est une petite place cool! »


samedi 4 mars 2017

Quand Mamie radote...

Cette fois encore, je n'ai que ces photos-là pour raconter ma petite histoire toute simple, une histoire d'hiver en Abitibi, un court séjour en forêt, en famille, loin de tout, un minuscule espace de paix emprunté à nos grands espaces de liberté, ce court instant d'éternité volé aux étoiles et à ce croissant de lune en cette semaine de relâche scolaire. 

Jeudi matin, très tôt, ma glacière est prête depuis la veille et on part de Rouyn-Noranda pour aller à notre camp d'hiver à Rapide Deux. Il fait froid, très froid même, après la pluie verglaçante de la veille, la 117 Nord est tout de même dégagée et le soleil resplendit de sa lumière si particulière aux ciels de l'Abitibi. Après notre arrêt traditionnel à l'épicerie/restaurant de Cadillac, où chacun se choisit une petite gourmandise à son goût, on prend le chemin de gravier qui s'enfonce dans la forêt jusqu'à la centrale hydroélectrique de Rapide Deux. C'est là qu'on laissera nos véhicules qu'on troquera pour nos motoneiges. De trente à quarante minutes seront nécessaires, dans des sentiers non balisés, pour nous rendre, comme dirait Blanche, au campe à Papi et Mamie.  


Vaut mieux être bien emmitouflés, le froid est mordant. 


Et c'est un départ!


On est arrivés à destination. On va se dépêcher à faire un feu dans le poêle, il est loin de faire chaud là-dedans mais on avait prévu le coup. 


On en a pour un petit moment avant de pouvoir enlever tuques, cache-cou, manteaux, salopettes, bottes et mitaines. 


Félixe est impatiente de retrouver ses pies pour qui elle a préparé plein de croûtes de pain et de restes des déjeuners du matin. 


Pendant que le dîner se réchauffe tout seul au four, je décide d'aller marcher un peu dans le sentier de motoneige alors que Isabelle part de l'autre côté avec ses skis de fond. 


Les gars font un feu dehors, ce qui est une excellente idée pour bouger et se réchauffer tout en brûlant du bois mort. 


Félixe est contente, elle vient de faire la découverte d'un arbre mort avec plein de petites mousses vertes qui donnent du « oumph » à notre feu extérieur. 


Tiens, on dirait que la température s'est réchauffée tout à coup au bord du feu. 


Dessiner des anges dans la neige, voilà une activité intemporelle, toutes générations confondues. 


Maintenant, il fait chaud dans le campe et le dîner, sans vouloir me vanter, nous semble tout à fait délicieux. 


Et en fin de journée, après avoir joué dehors tout l'après-midi, Blanche a particulièrement aimé le souper concocté par Mamie surtout qu'il y avait au dessert des carrés au Rice Krispies qu'elle appelle « des carrés de guimauve »! 

C'est tout de suite après le souper qu'on est allés marcher dans la nuit comme on s'était promis de le faire, histoire d'aller admirer les étoiles et la lune de ce ciel particulièrement clair, loin de toute pollution lumineuse. Ah c'était féérique! Le ciel était... si beau... que je manque de mots. C'est drôle comme les discussions qu'on aborde et les conclusions qui s'en dégagent, sous un ciel pareil, peuvent nous remplir le coeur et nous élever l'âme, quel que soit l'âge ou le bagage qu'on a... 


Au retour de cette promenade sous le ciel étoilé, Papi l'avait promis à Félixe : je vais te faire des tailles! Pendant que Dominic essaie d'endormir Blanche en lui jouant dans les cheveux, (le papa tombe endormi lui-même avant elle, c'est classique!...) mais il se relève lorsqu'elle s'abandonne au sommeil parce qu'il veut absolument goûter lui aussi aux « tailles » de son beau-père. Les tailles, ce sont des petites tranches de patates très minces qui se dégustent avec un peu de beurre et de sel (mais moi, je les préfère nature!...) après qu'elles ont cuit directement sur la fonte du poêle à bois. Félixe a dit et je la cite : « Ça me rappelle quand j'étais petite! » Comme si elle était très grande! 

Après la dégustation des tailles, nous irons tous très tôt au dodo et lorsque les lumières s'éteindront dans le campe, par les grandes fenêtres, nous nous endormirons en regardant encore la lune et les étoiles. Y a des silences qui sont remplis de merveilles... 

* * * * *


Le lendemain matin, Félixe avait hâte d'avoir fini de déjeuner pour aller donner d'autres croûtes de pain à ses pies. Pour ma part, j'ai étiré le café à l'intérieur avec les autres et j'ai pris cette photo de l'autre côté de la porte... fermée!


Blanchou était très impressionnée de voir faire sa grande soeur et elle a voulu aller la rejoindre dehors mais elle tenait quand même à garder ses distances avec les oiseaux. Disons qu'elle n'est pas encore rendue là mais ça viendra. 


Notre feu d'hier s'est consumé une bonne partie de la soirée et même de la nuit mais ce matin, il est tout à fait éteint. Il s'est creusé jusqu'au sol pour un bon 2 pieds de neige. On voit que le printemps est loin d'être à nos portes. Cette prédiction est probablement plus juste que l'ombre de la marmotte.


Il fait - 30 ce matin, ça ne presse pas d'aller jouer dehors, on va attendre que ça se réchauffe un peu. C'est le temps de sortir les petits jouets en attendant qu'on décide ce qu'on va faire plus tard en avant-midi. 


Isabelle est partie faire quelques kilomètres en ski de fond. Les petites soeurs jouent à l'intérieur sous la supervision des gars. Moi, je suis sortie marcher, faire quelques photos, rêvasser dans la forêt enneigée, avec le soleil levant. Au retour, on décide d'aller tous ensemble voir la petite cabane dans les arbres dans la swamp aux atocas, ça fait longtemps qu'on n'y est pas allés. Isabelle ira en ski de fond, moi en marchant et les gars avec les petites, sur les motoneiges. 


C'est la première fois que Blanche met les pieds là mais pour Félixe, c'est un bonheur de retrouver « sa » cabane dans les arbres. 


La température s'est réchauffée, ça doit être à cause de ce beau soleil. 


Blanche n'en revient pas de se retrouver dans cette cabane et de tout voir de si haut, si loin... 


Déjà, Papi et Félixe sont prêts à repartir vers le campe. 


Quant à Isabelle, Dominic, Blanche et moi, nous resterons à la petite cabane dans les arbres quelques minutes encore avant de s'en retourner. Blanche voudrait absolument voir des « orignals » mais on lui a raconté qu'ils faisaient dodo parce que sinon, on n'aurait jamais pu la redescendre en bas pour la ramener au campe. Il nous a fallu la convaincre!


C'est en voyant les joues rouges des petites que j'ai trouvé qu'on avait resté quand même longtemps dehors, il était temps qu'on rentre à l'intérieur. Au menu du dîner, un classique à Rapide Deux, un bon spaghetti à Mamie avec des petits pains à l'ail. On en a fait assez pour qu'il en reste... à donner aux pies!