mercredi 18 février 2015

D'AMOUR ET DE MUSIQUE


Noël 2013, Isabelle, Félixe et Elise, ma fille, ma première petite-fille et ma belle-maman. 


Une enfant émue, ça m'émeut.  

Septembre 2013, Journées de la culture. Isabelle était porte-parole de ces Journées pour notre région. Nous sortions du Centre d'exposition de Rouyn-Noranda où nous avions passé un beau moment ensemble, ma mère, ma fille et moi. 

D'AMOUR ET DE MUSIQUE

D'entrée de jeu, j'aime mieux vous le dire, je vais très bien maintenant mais je demeure encore un peu ébranlée émotivement. Même si je suis entourée de personnes âgées dont la santé n'est plus ce qu'elle était, c'est pour notre fille Isabelle que nous avons craint dernièrement. Comme quoi tout peut basculer en un rien de temps, la santé, la vie et le bonheur sont si fragiles, vous savez... 

Une petite intervention chirurgicale de routine (enlever 4 dents de sagesse) avec un spécialiste du maxilo facial à l'hôpital où je suis née, à Amos, et c'est l'horreur qui commence : complications post-opératoires, douleurs, enflure qui ne se résorbe pas puis s'étend, nuit sur civière à l'urgence à Rouyn, antibiotiques en intraveineuse, stabilisation en vue du transfert d'urgence à l'hôpital d'Amos où elle a été opérée trois jours plus tôt, examens, deuxième opération d'urgence cette fois, voies respiratoires enflées, intubée à froid, incapacité à respirer, intervention in extremis, travail de l'anesthésiste, du chirurgien spécialiste et toute une équipe au travail, ensuite plus de 24 heures aux soins intensifs, douleurs impossibles à soulager, deux antibiobiques canon en intraveineuse, bref, vous voyez le topo? Isabelle a eu peur et nous aussi. Pendant ce temps, j'étais soit à son chevet soit auprès de mes deux petites-filles pour relayer mon beau-fils. On ne la laissait jamais seule et ce n'était pas un caprice ni de sa part ni de la nôtre, croyez-moi. Elle avait besoin d'assistance et le personnel soignant, très compétent et très humain, comptait sur notre présence auprès d'elle jour et nuit pendant son hospitalisation. 

Une jeune femme de 28 ans, en forme et en santé, maman de deux petites filles, était à ce moment-là plus en danger que ses deux grands-mères. 

Isabelle est sortie de tout danger, elle est en convalescence chez elle, auprès de son homme et de sa petite famille. Nous ne sommes jamais loin... 

En fin de semaine, c'est ma mère qui nous a fait peur. Montée de pression, malaise, consultation avec son médecin ce matin, je l'accompagne... Elle va s'en tirer avec un bon suivi et une médication ajustée. 

En quittant ma mère en fin d'avant-midi, j'allais normalement faire manger Belle-Maman à son CHSLD mais comme j'arrivais trop tard pour ce faire, parce qu'ils mangent très tôt là-bas, j'ai eu l'idée de l'amener plutôt au 2e étage où tous les mercredis après-midi, il y a des musiciens bénévoles qui viennent divertir les résidents, enfin pour ceux qui le peuvent. Belle-Maman a 93 ans, est atteinte d'une sorte de démence mélangée avec de l'alzheimer, on ne sait pas exactement, ces troubles sont très difficiles à diagnostiquer. Elle ne peut plus vraiment s'exprimer, n'a plus de mobilité ni d'autonomie. Mais elle demeure la même personne qu'elle a toujours été, avec ses goûts et ses intérêts, du moment qu'on lui administre les médicaments qu'il faut pour apaiser ses anxiétés. Et ces médicaments-là, ils la font dormir beaucoup beaucoup. 

Donc, à mon arrivée à 12:30, elle cognait des clous dans son fauteuil gériatrique et on s'apprêtait à la coucher dans son lit pour sa sieste à l'aide du lève-personne. Je lui ai demandé si elle avait le goût qu'on aille écouter de la musique en bas. Si vous aviez vu son sourire... Eh qu'elle avait compris ma question!

Ravie de la trouver en assez bonne condition physique et mentale aujourd'hui pour supporter « le voyage » de quelques étages plus bas, du 6e au 2e plus précisément, il me fallait quand même la tenir éveillée jusqu'à l'heure où les musiciens commençaient à jouer. Ce ne fut pas une mince tâche mais j'ai mes trucs : au lieu de pousser son fauteuil gériatrique par l'arrière et disparaître de sa vue, je me place devant elle et je tire le fauteuil vers moi en reculant, je lui parle tout le temps, je fais le clown, je ris et elle rit de me voir rire, je lui conte toutes sortes d'affaires, je sors mes photos d'enfants, les miens et ceux de la famille (elle a toujours tellement aimé les enfants elle aussi) et c'est ainsi qu'on s'est dirigées lentement mais sûrement vers le 2e étage sans qu'elle s'endorme.

En sortant de l'ascenseur, la musique nous a enveloppées comme une couverture chaude qui sort de la sécheuse! Quel sourire elle m'a fait... Un sourire « comme avant », comme à toutes les fois où nous allions, elle et moi, écouter les musiciens à la résidence où elle habitait avant. La musique ne fait pas juste d'adoucir les moeurs, elle adoucit la maladie, n'importe quelle maladie. Elle ramène des souvenirs même à ceux qui ont perdu la mémoire, elle réveille une mémoire affective qui s'était endormie depuis longtemps.

Il y avait des musiques instrumentales, des reels, des chansons, des pièces qui m'étaient toutes familières, certaines que je pouvais chanter au complet en dansant avec elle... Oui, c'est ça, danser avec elle. Comment? En faisant valser doucement son fauteuil gériatrique avec mon genou, je battais la mesure sur son bras ou sur ses mains, toujours jointes, sous la couverture qui l'enveloppe en permanence. Là, je lui disais : « Eh qu'on danse bien, nous autres, hein? » 

Il y avait tant de beau monde dans cette salle. Et tant d'amour. Et tant de belle musique. D'abord, les musiciens, un violon, une guitare, un synthétiseur et une chanteuse, une madame qui devait avoir autour de 70 ans. Ensuite, tous ces gens que je connais et que je côtoie régulièrement dans ce microcosme qui me semble de plus en plus familier et accueillant : des résidents, des membres de leur famille, toujours les mêmes, des bénévoles et accompagnateurs/trices au coeur grand comme le monde, des membres du personnel, etc.  

Ma cousine Lucie accompagne souvent des résidents du CHSLD depuis que sa mère est décédée, elle est restée attachée à l'endroit. J'adore cette fille, je me suis toujours sentie proche d'elle. On se croise souvent là-bas et on a appris depuis toujours à se comprendre vraiment beaucoup sans avoir à se parler trop longtemps. Des fois, on rit, des fois on a les yeux dans l'eau. Je vois très souvent Marlène, c'était mon ange au bureau d'assurance l'automne où j'ai fait deux accidents de voiture de suite dans une période où j'étais particulièrement épuisée à tout point de vue. Je vous ai déjà raconté ça ici même. Ah cette Marlène, toujours un ange et toujours ce sourire si apaisant. Depuis sa retraite, elle est tellement présente au CHSLD, à la fois pour sa mère et pour bien d'autres. Il y a Johanne aussi avec laquelle j'ai tissé des liens qui vont bien au-delà de son métier. Et puis Michèle qui vient nourrir sa maman à la petite cuillère tous les midis et qui s'en va souvent en pleurant, on se conte nos misères de CHSLD en fumant une cigarette dehors dans le stationnement et on finit par rigoler en se disant qu'on souhaite mourir jeune... mais qu'il est trop tard, on est déjà vieilles!!!

Cet après-midi, parmi les danseurs, j'ai vu un vieux monsieur tout beau tout chic qui avait du rythme et une belle allure, avec une belle madame d'environ 70-75 ans, des beaux cheveux blancs, toute gracieuse. Elle me semblait plus jeune que lui mais il était vraiment un beau monsieur alors elle devait lui avoir trouvé jadis beaucoup de charme, ce charme qui ne vieillit pas... J'ai appris qu'ils étaient père et fille, lui a 96 ans, elle a 74 ans. 

Une vieille dame au clin d'oeil facile et à l'air espiègle dansait toutes les valses et les polkas avec une énergie incroyable. Elle ne s'est pas assise souvent. Elle dansait avec l'une, avec l'autre, elle a brûlé quelques-unes de ses compagnes tout au cours de l'après-midi. Lucie m'a dit qu'elle avait  98 ans. Malgré des petites lacunes évidentes mais pas trop gênantes au point de vue cognitif, manifestement, elle n'avait pas oublié ses pas de danse.

À quelques reprises, Lucie et moi, on a eu des complicités comiques en écoutant ces chansons. Parce que cette musique-là, on la connaît, on a grandi là-dedans, c'est de la musique de mononk, un peu country, un peu vieillotte, un peu du style de la bonne chanson, un peu folklorique, un peu de Richard Desjardins aussi, après tout, on est à Rouyn-Noranda. Dès les premiers accords, on s'exclamait en même temps : 

- C'est le reel à Cyrice à mon oncle Louis!

- C'est la chanson à ma tante Colette!

- C'est la toune à Lauréat!

Dans cette salle, cet après-midi, il y avait beaucoup de fauteuils roulants, de fauteuils gériatiques, de déambulateurs (marchettes) de gens avec des problèmes cognitifs, de personnes affectées par la vieillesse, la maladie, le chagrin aussi, je pense à Madame Duplain qui a perdu son mari la semaine dernière et qui saluait gentiment tout le monde comme à son habitude. Certains dansaient, certains chantaient, certains écoutaient, riaient, parlaient mais tout le monde tout le monde tout le monde, sans exception, souriait. Je n'ai jamais vu autant de gens heureux au pied carré que cet après-midi, au CHSLD Maison Pie XII. 

Et Belle-Maman s'est endormie dix minutes avant la fin en rêvant qu'elle dansait...  

 

23 commentaires:

Barbe blanche a dit…

Depuis plusieurs jours, je viens chercher un signe de Zoreilles.
Chaque fois, rien.
L'inquiétude m'a rejoint et je viens plus qu'une fois par jour.
Tu nous annonce que Isabelle a passé de très durs moments,voilà le pourquoi des ces inquiétudes qui me harcelaient.
Je suis tellement heureux, qu'elle aille mieux et qu'elle soit hors de danger je suis tellement content, pour elle et pour toute sa famille, ses deux filles, son conjoint ainsi que maman et papas.

Une petite danse avec belle maman, j'aurais aimé voir ça, et danser un peu avec vous deux, maintenant, que le calme semble revenir prendre sa place au logis familial.

Zoreilles a dit…

@ Barbe blanche : Je n'aurais pas voulu t'inquiéter mais tu avais de l'intuition, j'étais loin des réseaux sociaux parce que trop prise dans les événements de la vie réelle.

Ce n'est pas que j'ai le sens du drame mais la situation était très inquiétante au moment où elle a été vécue. Je voulais informer mon monde (ceux qui me lisent encore sont des proches) et j'ai eu besoin d'écrire tout ça pour m'en libérer. C'est bien connu, écrire est thérapeutique... Je n'en parlerai jamais sur Facebook par contre, ce réseau est trop populaire, mais nos blogues sont devenus des espaces plus privés, quasiment intimes (!) et je me sentais plus honnête en ne vous le cachant pas dans les grandes lignes.

Ces inquiétudes sont derrière nous maintenant. Ce dur moment nous fait encore plus apprécier la santé, même relative, et les petits bonheurs de la vie qui sont encore à notre portée.

Ne t'inquiète pas si tu ne me « vois pas » jusqu'à samedi après-midi, je m'en irai rejoindre Crocodile Dundee au campe tout à l'heure et ce, pour deux jours. Imagine-toi que les aléas de mon existence m'ont empêchée d'y aller depuis la fin du mois d'août dernier...

Merci pour ton écoute et ta sensibilité, cher ami gaspésien!

Barbe blanche a dit…

Je suis tellement content, que le danger soit passé.
Passez tous les deux, du bon temps au campe, après la tempête, il est bon de prendre un peu de recul et de relaxer ensemble.
Bonne fin de semaine par chez vous.

Zoreilles a dit…

@ Barbe blanche : Par chez vous aussi, bonne fin de semaine. Le calme après la tempête, c'est ben ben ben bon pour la santé... J'arrive de chez Isabelle où je suis passée lui faire un bisou ainsi qu'à bébé Blanche. Je pars le cœur léger léger léger...

Guy Vandal a dit…

Au moment où j'écris ces lignes tu devrais être rendu au campe. C'est pas long deux jours mais j'espère que ça va te faire beaucoup de bien, tu le mérites.

Bonne journée!

Pierre Forest a dit…

C'est vrai que la vie est fragile. Une suite de malheurs qui s'enchaînent et ça peut rapidement virer à la catastrophe. Heureusement, ça s'est finalement replacé pour ta fille au lieu de dérater. Fiou.

J'ai beaucoup d'admiration pour ce que tu fais pour ta belle-maman. De petites choses qui font toute la différence dans son quotidien.

Fitzsou, l'ange-aérien a dit…

Très beau texte Zoreilles, qui ressemble drôlement à la vie ici (!)
Désolée pour les graves problèmes de santé qu'a subi ta Fille. Je lui souhaite de se remettre bien vite sur pieds (je l'ai encore reconnu dans l'Indice Bohémien de février cet après-midi!)
Je vous envoie plein d'énergie et de bonnes pensées.
Si on a la meilleure eau, on ne doit pas être loin d'avoir les meilleures "ondes"...
;-) xoxoxo

Solange a dit…

Comme Barbe blanche je trouvais bizarre de ne pas avoir de tes nouvelles. Vous avez passé un dur moment, la vie nous réserve de bien mauvaises surprises parfois. Heureuse de savoir que ça va mieux et je ne doute pas de son rétablissement complet, elle est bien entourée.
On retire une grande satisfaction auprès des personnes âgées, j'ai fait du bénévolat pendant 15 ans dans une résidence et ça m'apportait autant qu'à eux.

Zoreilles a dit…

@ Guy : Eh que ça a fait du bien, ces deux jours... J'en suis revenue reposée et sereine. Non, c'est pas long deux jours mais quand tu pars le cœur en paix près avoir été si tourmentée, chaque minute est un bonheur... Dans le fond, on n'a pas besoin de grand chose pour être heureux!

Zoreilles a dit…

@ Pierre : Depuis le temps que j'accompagne des personnes âgées qui me sont chères, je n'aurais jamais pensé de m'inquiéter autant pour notre fille, de passer tant de jours et de nuits à son chevet, de craindre même pour sa vie... Ça m'ébranle encore d'y penser.

Ce que je fais pour Belle-Maman, c'est du quotidien depuis 1998. Sa situation a beaucoup évolué au fil des années (le verbe évoluer prend ici un tout autre sens). J'ai aussi une mère que j'entoure de beaucoup de présence depuis le décès de mon père, il y a 10 ans.

Je lisais un article qu'une amie m'envoyait tout à l'heure, c'est ici :
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/432314/l-hiver-sera-long

Quand tu vis ou tu lis quelque chose du genre, qui n'est vraiment pas exagéré du tout, au contraire, tu ne peux pas faire autrement que de t'impliquer tant que tu peux pour procurer des instants de bonheur ou de bien-être à une personne âgée de ton entourage qui n'est plus capable de prendre soin d'elle. Malheureusement, je fais partie des 10 % des gens (c'est ce que dit l'article mais je crois que c'est moins que ça dans la réalité) qui cherchent des moyens pour adoucir « la dernière saison » qui s'étire parfois sur plusieurs années...

Zoreilles a dit…

@ Fitzsou : Du bout du corridor du 3e étage de l'hôpital d'Amos d'où j'avais une vue imprenable sur la ville traversée par l'Harricana, au clair de lune, dans ce froid sibérien, j'ai souvent pensé à toi et à nos amis Ipso et Facto... Incapable de dormir, comme elle d'ailleurs, j'allais là quelques instants puiser du courage pour revenir auprès de ma fille, lui flatter les cheveux et la rassurer. Mais j'en menais pas large, je te jure...

Je suis en retard dans mes lectures, tu comprends? D'habitude, L'Indice Bohémien, je me garroche dessus et je le lis d'une couverture à l'autre! Là, je vais chercher ma fille dedans, pour découper ça et l'ajouter à mon « scrap book de meuman » qui est bien rempli, d'elle et de Dominic, ils sont impliqués pas mal ces deux-là, culturellement et socialement!

Zoreilles a dit…

@ Solange : Tu as beaucoup de sensibilité, tu avais remarqué mon « absence »? Je viens de lui parler au téléphone, elle prend du mieux de jour en jour, elle a bonne voix, et plein d'entrain, elle poursuit sa convalescence allègrement. Elle peut maintenant s'alimenter normalement sauf que ça lui prend beaucoup plus de temps, elle me dit que Dominic a le temps de faire toute la vaisselle avant qu'elle avale sa dernière bouchée! Dans toute l'aventure, elle a perdu un peu plus de 10 livre, elle me disait que ses jeans lui vont à ravir!

En tout cas, elle n'a pas perdu son sens de l'humour...

Quand j'écrivais ce billet et que je parlais des grands cœurs bénévoles, j'avais une pensée pour toi qui a tant donné de toi-même auprès de ces personnes. Des « Solange », j'en connais quelques-unes depuis que Belle-Maman est en CHSLD. Notre temps dur à nous, comme famille, c'était pendant tout ce temps où elle n'avait pas de place et qu'il fallait compenser tous ces manques d'autonomie. Je pense à ces longues années où elle était en résidence privée et pire encore, ces longs mois passés à l'hôpital alors qu'elle n'était pas vraiment malade mais que la résidence ne voulait plus la reprendre...

Depuis longtemps, m'occuper des personnes âgées de mon entourage n'est pas vraiment un choix. Même que ça devient très très lourd à la longue. Alors je rêve du jour où je pourrai à mon tour le faire bénévolement, par choix, pour procurer des moments de bonheur à ces personnes qui ont beaucoup à nous apprendre et à partager...

Le factotum a dit…

Heureux d'apprendre que ta belle Isabelle est complètement rétablie.
Déjà revenue de ton repos bien mérité.
J'ai fêté hier mes onze ans de support quotidien auprès de mon papa poète.
C'est fou tout ce que l'on peut retirer auprès de ces merveilleuses personnes.

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Oui, presque 100 % rétablie, le reste est une question de temps et de patience... pour elle!

Oui, bien revenue de ce petit séjour au campe. Le « je » en avait besoin, le « il » également et que dire du « nous » qui ne s'était pas retrouvé là depuis la fin du mois d'août dernier, dans ce havre de paix... On s'est dit que tout en n'abandonnant pas les autres, on allait devoir faire plus attention à « nous »!

Onze ans à accompagner au quotidien ton papa poète, et ce que je trouve de plus admirable, c'est que tu en retires encore et toujours du plaisir et du bonheur partagé. Votre relation père-fils est riche et féconde. Je vous souhaite de très belles années ensemble, à vous apporter beaucoup l'un et l'autre.

OX Jerry a dit…

Bonjour Zoreilles, Tu te préoccupes à merveille à te lire, des personnes âgées qui t'entourent.
Ecrire est une thérapie , dis tu . c'est tellement vrai , cela permet de faire sortir les non-dits et s’ouvrir à nouveau après les blessures.
La musique en est une autre et , pour ma part, j'en sais quelque chose.

Tu as foi en ce que tu fais et c'est bien là le plus beau pour parcourir ce long chemin qu'est l'existence.

Merci pour ce partage, Zoreilles .

PS: Je ne suis pas venu depuis longtemps et j'en suis désolé.

Zoreilles a dit…

@ Jerry OX : Si je m'en préoccupe, c'est que je ne peux pas faire semblant, les oublier ou les ignorer. Les vieux, c'est comme les tout petits, ils sont si vulnérables... Bien sûr, la musique ou l'écriture, comme thérapie du mieux-être, on ne fait pas mieux, on s'entend là-dessus!

J'ai foi en ce que je fais? T'es sérieux là? Je passe ma vie à douter de tout, si tu savais!

Ne sois pas désolé de n'être pas venu depuis longtemps, au contraire, je suis touchée de ta visite et de ta fidélité et je te donnerais une médaille pour ça.

Une femme libre a dit…

J'ai été abasourdie d'apprendre que la simple extraction des dents de sagesse pouvait devenir mortelle. Trois de mes quatre enfants y ont passé et jamais au grand jamais on ne nous a parlé de risques aussi sérieux. Je suis pétrifiée. Heureusement que ta fille s'en est sortie. Ouf!

Abasourdie également d'apprendre que tu es fumeuse. Depuis les lustres que je te lis, je me suis fait une certaine image de toi et aucune cigarette n'y apparaît. Je vais recadrer.

La musique est un plaisir et un remède. On peut l'utiliser à toutes les sauces. C'est très bien que tu t'occupes de ta belle-mère et de ta maman aussi, en autant que tu saches mettre tes limites. L'erreur, c'est souvent d'en faire trop et de s'épuiser. Ces personnes ont tellement de besoins que ce n'est jamais assez. on pourait évidemment leur consacrer tout notre temps et nos énergies. Ça ne serait pas sage. Je sais que tu sais tout ça mais des fois, il est bon de se le rappeler et ce rappel, je me le fais à moi aussi en même temps! ;o)

Zoreilles a dit…

@ Une femme libre : C'est très rare en effet que cette intervention chirurgicale tourne en catastrophe. Le chirurgien spécialiste du maxilo facial qui l'a opérée les deux fois n'avait jamais eu pareil cas de toute sa carrière. Il semble que ce soit une suite de facteurs qui se sont additionnés (ou multipliés) mais Simonac qu'on prend conscience que tout est fragile... Tu as 3 enfants sur 4 qui ont subi cette opération et dans la famille de mon conjoint, sur 10 petits-enfants qui sont les cousins cousines à Isabelle, 5 ont dû subir cette intervention dans leur vingtaine mais aucun n'a connu ces problèmes.

Eh oui, je suis fumeuse... et très heureuse que ce ne soit pas l'image que tu te fais de moi. On me dit ça souvent d'ailleurs, et c'est la chose qui m'encourage le plus pour le jour où je mettrai fin à cette très grande dépendance. J'en suis pas fière, tu sais. J'ai arrêté de fumer à quelques reprises, de quelques jours à quelques mois, une fois pendant un an, là je me sentais non fumeuse, j'étais « guérie » que je croyais... mais non. Quand j'arrête de fumer, pour quelques mois, longtemps après le sevrage « physique », je change complètement de personnalité. Nenon, je suis pas de mauvaise humeur, nerveuse ou frustrée, c'est pas ça, je deviens dépressive, désespérée, pas le goût de vivre... Mais je suis tellement conscientisée que je fume moins, de toute manière, on n'a plus le droit de fumer nulle part et c'est très bien ainsi.

L'erreur, c'est d'en faire trop et de s'épuiser, je le sais tellement. Une année, deux, trois, dix, quatorze, dix-sept années... La vie passe, les responsabilités s'accumulent, les épaules nous alourdissent, on se sent devenir plus vieux que notre âge... On n'arrive jamais à combler les attentes et les besoins qui sont de plus en plus grands proportionnellement aux pertes d'autonomie. On s'enfonce soi-même dans la vieillesse avant le temps. Mais comment fait-on pour ne pas répondre « présent » et abandonner quelqu'un d'aussi vulnérable? Ce qui était possible avec Belle-Maman la semaine dernière (l'après-midi musical au CHSLD) ne l'est déjà plus, elle est confinée à sa chambre à cause d'un zona qui vient de se déclarer, on doit porter jaquette, gants, couvre-chaussures, etc. pour aller lui donner à manger. Elle ne souffre pas, elle n'est plus « là » mais elle mange encore avec appétit et sourit à la vie... Elle va peut-être faire une centenaire! Et moi, la fumeuse, j'aspire à pas vivre vieille!

Le factotum a dit…

"Et moi, la fumeuse, j'aspire à pas vivre vieille! "
Je n'aurais jamais cru, toi, une dame si disciplinée.
Tant qu'à la vieillesse,il se peut fort bien que nous vieillissions en grâce et en sagesse et cela pour très longtemps.

Zoreilles a dit…

@ Le factotum : Qui? Moi? Disciplinée? Tu veux rire sûrement!

Oui, je sais, on peut vieillir en grâce, en sagesse et en santé, ton papa poète en est un bel exemple... Il est inspirant.

Tu sais pas quoi? Je vais être dans « TA » ville demain matin, il faut d'ailleurs que je me lève à 5 h 30 pour passer prendre Isabelle chez elle à 6 h 30, elle a un rendez-vous de suivi avec son chirurgien maxilo facial à 8 heures, c'est de bonne heure pour du monde de Loin-Noranda!

mijo a dit…

Je rattrape mon retard de lecture et ouf, bon sang pour ta fille. J'espère qu'un bon mois plus tard, elle est complètement retapée.

mijo a dit…

Je rattrape mon retard de lecture et ouf, bon sang pour ta fille. J'espère qu'un bon mois plus tard, elle est complètement retapée.

Zoreilles a dit…

@ Mijo : Je te rassure tout de suite, Mijo, Isabelle se porte à merveille, elle a récupéré comme une fille très en forme de 28 ans, maman de deux petites filles elles aussi en pleine santé. D'ailleurs, son congé de maternité se terminant sous peu, elle sera de retour au travail le 7 avril prochain, tout de suite après le congé pascal.

D'ailleurs, quand tu auras repris ton retard de lecture (!) tu pourras la voir en photos dans mon dernier billet!